Le bac qui allait bien, jusqu’à ce qu’un poisson prenne tout
Avant l’ouverture de l’aquarium, je regarde le grand bac d’eau salée. La semaine dernière, tout semblait calme. Là, un poisson s’est installé dans le meilleur coin, les petits se tassent derrière les rochers, et la crevette nettoyeuse a disparu.
Un visiteur dirait peut-être que c’est juste un petit incident, une eau un peu trouble, une crevette en moins. Le truc c’est qu’un bac, comme une économie, c’est un habitat partagé. Si les mêmes soucis reviennent, c’est peut-être les règles du bac qui les fabriquent.
Je ne cherche pas tout de suite un coupable. Je griffonne plutôt les liens du bac: certains s’aident, d’autres se servent sans gêner, d’autres abîment. La nouveauté, c’est de regarder l’économie pareil: un partenariat ressemble à un lien d’aide, une pression ou une prise de contrôle ressemble à un lien qui abîme.
Dans le bac, un petit avantage peut grossir vite. Si le poisson dominant bloque la nourriture, les autres broutent moins les algues, les algues montent, l’eau s’appauvrit, et même les calmes deviennent nerveux. Quand les liens qui abîment dominent longtemps, il reste moins d’espèces, et le bac devient fragile.
Pour arrêter de tourner en rond, j’imagine une jauge simple. Je pèse les liens d’aide et la variété des habitants, puis je compare aux liens qui abîment. Si l’aide l’emporte, le bac encaisse un choc. Si l’abîme l’emporte, tout peut sembler normal, puis basculer d’un coup.
À la fermeture, je ne me dis pas que toute rivalité doit disparaître. Je veux juste un bac où l’aide est fréquente et répartie, et où les liens qui abîment sont contenus avant d’envahir tout. Vu comme ça, la pollution et les dégâts sociaux ne sont pas des accidents, ils débordent d’un système qui récompense trop l’abîme.