Le livreur, l’immeuble géant, et les bons raccourcis
Le fourgon s’arrête devant un immeuble immense. J’ai une pile de colis et trop de portes qui se ressemblent. Je trace un trajet simple, puis je le corrige après chaque aller-retour. Comme un outil de prédiction, je choisis mieux en apprenant de mes erreurs, pas à pas, avec le temps qui file.
Très vite, ça coince. Des numéros de porte manquent, des couloirs se répètent, et le plan sur le téléphone rame. L’ancienne façon, ce serait comme tester tous les couloirs avant de déposer le moindre colis. Ça s’écroule dès que l’immeuble devient trop grand et trop brouillon.
Du coup je change de tactique. Je note quelques repères qui résument l’immeuble, des points de passage qui suffisent pour décider où tourner. Dans l’outil, ces repères servent comme des endroits possibles où couper le chemin de décision. Même idée des deux côtés, réduire un énorme choix en une courte liste utile.
Quand un numéro manque, je prends une règle par défaut au croisement. Je pars à gauche, sauf si je vois que ça me fait perdre du temps, alors je bascule à droite. L’outil fait pareil avec les infos absentes, il apprend où envoyer les cases vides et il ne s’occupe que de ce qui existe vraiment. Les portes sans étiquette, c’est comme des infos manquantes.
Je range aussi mes notes pour arrêter de tout mélanger. Je regroupe par étage et par couloir, et je réutilise cet ordre toute la tournée. Et quand le téléphone n’a plus de place, je garde le gros du plan ailleurs et je le charge petit bout par petit bout, sans attendre devant l’ascenseur.
À la fin, je fais toujours le même boulot, déposer le bon colis à la bonne porte. Mais je ne repasse plus partout, je ne panique plus devant les panneaux vides, et je ne bloque plus quand le plan ne tient pas sur le téléphone. Le truc nouveau, c’est ça, garder les décisions pas à pas, avec des raccourcis et des règles qui tiennent dans la vraie vie.