Le filet de pêche qui apprend sans étiquettes partout
Dans un petit hangar du port, j’étale un filet déchiré sur une table. Quelques nœuds ont un ruban vif, mais la plupart non. Il faut pourtant savoir de quel morceau vient chaque nœud, sans coller du ruban partout.
Le même casse-tête existe avec des choses reliées entre elles, comme des pages qui se citent ou des fiches qui se renvoient. Avant, on faisait souvent un choix bancal: soit on regarde chaque nœud tout seul, soit on fait circuler des étiquettes avec des règles fixes, sans apprendre quoi croire.
L’idée plus maligne garde le filet bien à plat. Chaque nœud se réécrit une petite note en mélangeant deux infos: ce qu’il “dit” déjà, et ce que ses voisins “disent”. On refait ce geste quelques fois, pour que l’info avance de proche en proche.
Le truc, c’est le dosage. Un nœud avec plein de brins ne doit pas couvrir les autres, donc on équilibre les voix. Et chaque nœud compte aussi comme son propre voisin, comme une mini-boucle, pour garder un bout de lui-même à chaque tour.
Les nœuds avec ruban servent de repères. Le système ajuste quelques réglages pour transformer ces petites notes, et le signal des rubans se propage dans le filet. Souvent, deux ou trois tours suffisent, et chaque tour ne touche que les brins existants, sans calculs géants.
Sur de grands réseaux de documents et des cartes de connaissances avec très peu d’étiquettes, cette façon de faire a donné de meilleures réponses, plus vite, que plusieurs approches plus anciennes. Je regarde mon filet: pas besoin de ruban partout, ni de secouer tout d’un coup. Quelques passages locaux, bien équilibrés, et chaque nœud reste ancré.